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Dans la rangée avant, de gauche à droite, nous avons Joseph, Thérèse, Laurent et Alice; dans la rangée arrière, nous avons
Berthe, Marie-Marthe, Anne-Marie, Jeanne-D'Arc et Éva.

Cette photo a dû être prise aux environs de 1950.

 

 

 

 

Photo prise à la croix du 2e rang au Bic


À l'avant, nous voyons Jeanne-D'Arc, Thérèse, Marie-Marthe,
Berthe et Anne-Marie.

Berthe Brillant

Jeanne -D'Arc Brillant

Marie-Marthe au Montana dans l'État d'Idao (U.S.)

 

Alice et Marie-Marthe faisant un travail très urgent

 

Marie-Marthe sur le bord d'une falaise


Georges Brillant un téméraire

 

Thérèse, Alice et Marie-Marthe

 

Louis avec Jeanne-D'Arc, Marie-Marthe et Berthe.

 

Anne-Marie et son mari Onésime Dionne

 

Louis et Alice avec leurs quatre filles religieuses vers 1960,
en partant de la gauche, Berthe, Marie-Marthe, Jeanne-D'Arc et Thérèse.

 

Les filles de Louis et Alice dans les années 1970


À l'avant en partant de la gauche nous avons Anne-Marie, Berthe et Jeanne-D'Arc.
À l'arrière à gauche Marie-Marthe et Thérèse à droite.

 

Vers 2018, Marie-Marthe a écrit ses mémoires; ce qui suit, vous donnera son parcours de vie qui a été de se consacrer à aider son prochain.

DATES IMPORTANTES
1939-1940
Je suis partie de chez-nous le 18 novembre, accompagnée de
Papa et de Jeanne D'Arc. Nous avons rencontré Berthe à
Cartierville à l'Hôpital Sacré-Coeur. Berthe était jeune
professe de ta Providence.
1
Le 19 novembre 1940, j'ai fait mon entrée à la Maison-Mère
pour six mois. En 1941, je prenais le St-Habit et entrais comme
novice pour un an, c'était le 18 mai. En novembre 1942, c'était
la profession et je recevais ma mission - l'Ouest Américain,
Province St-Ignace. Je suis allée passer quelques jours cheznous
avant de partir. Il ne faut pas oublier que c'était durant
la guerre de 39 à 45. C'était difficile d'avoir des papiers pour
partir, passeports etc.
Je suis arrivée le 7 décembre 1942 à Spokane Washington.
C'était un dimanche. Le lendemain, le 8 décembre, fête de
Papa, durant la messe toute en anglais, j'ai pleuré, je me
sentais tellement seule. :T'aiété un an au réfectoire des soeurs
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"BII• Du Caire, Mgr. Rattas était là pour nous accueillir. Nous ,
sommes repartis le soir, durant la nuit, pour la Haute Egypte.
Nous avions de grosses malles et Mgr Rattas avait une petite
auto et il était avec son chauffeur. Cela veut dire trois sur le
siège en arrière avec nos valises. Il a été obligé de mettre une
grosse valise sur le toit de la machine. Il fallait faire une
affaire de 300 milles. Monseigneur parlait très bien le français.
Il a fallu lui demander un arrêt car je nlen pouvais plus, je
croyais de ne jamais plus être capable de marcher. (Ici, je vais
en passer beaucoup car ce serait trop long. Ce serait très
intéressant mais ne serais pas bonne pour tout écrire).
Après, ce fut trois ans de travail à l'Hôpital El Mobara,
rhôpital musulman. J"aurais bien des choses à dire! Après trois
ans dans la Haute Égypte, nous sommes parties pour
Alexandrie. là tout était différent, mais le travail était encore
dans un hôpital musulman.
En 1980, nous étions à Alexandrie. J'e suis partie pour Montréal
pour un peu de repos (trois mois). Commej'étais supposée
repartir pour l'Égypte un dimanche au soir, le jour même, à
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mourir. Suzanne m'a appelé et m'a dit qu'Anne Marie était
rendue chez elle, et m'a demandé de descendre pour être avec
elle. Je suis partie pour Rimouski et suis restée avec elle
jusqu'à son décès. De là, je ne suis pas retournée en Égypte.
Dans mes voyages de l'Égypte au Canada en 1983, je suis
passée par Paris, France et je suis allée à Lourdes. Aussi,
durant mon séjour en Égypte, j'ai reçu la visite de Louis III,
fils de Georges et Huguette, du 30 décembre 1983 au 11février
1984.
LE CHILI!
Après quelques années ici au Canada, je suis partie pour le Chili
en 1989, pour te sud du Chili à Coyhaique. Là, nous sommes
allées dans la brousse avec les plus pauvres.
Nous n'étions pas très loin des terres-de-feu. Je visitais les
malades, et quand le Père venait nous dire la messe, j'apportais
la communion aux malades.
Nous restions dans une maison qui appartenait aux Pères
Servites de Marie, et ils no~s ('avaient laissée pour le temps
que nous serions là. C'était des petits villages d'une dizaine de
maisons, un peu partout dans les montagnes.
:Tesuis allée une semaine de temps avec le père qui visitait
toutes ces pauvres familles. Oh, quel voyage! Il y avait des
petites églises, dans chaque petit village, et nous restions là.
On allait manger un peu partout où ils nous invitaient. :Tesuis
revenue, après trois ans, au Canada. J'ai fai t de très beUes
expériences durant mes années dernissions.
RETOUR
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Au retour du Chili, je suis allée à la Résidence Salaberry. J'ai
fait un peu de toutes sortes d'ouvrages - la chapelle, métier,
tricots, lectures etc. J'aimais beaucoup la Maison. J'y étais
heureuse. J'y suis restée quelques années. Mais il fallait partir
pour la Maison-Mère, pour ma dernière demeure. Quand je
partirai d'ici, ce sera pour ma vraie demeure, "le Ciel!"
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7
Je laissais une belle grande Maison pour une simple chambre
comme domaine. Cela a été très très dur. J'y suis arrivée le 7
octobre 2015. Depuis, je suis heureuse dans mon petit coin. Je
suis chanceuse d'avoir une beUe grande chambre au I2e. J'ai
une très belle vue. Je vois passer les avions, et le soir les
lumières sur la ville - c'est de toute beauté. Deux fenêtres,
toilette dans la chambre. Je me suis da: "Marthe, cJest là que
le Seigneur te veut." Je suis heureuse, j'ai fait une belle vie,
Merci Seigneur pour tout! Alléluia !!
MISSIONS
Voici ce que le Seigneur et la Vierge ont fait pour moi durant
mes jours de Missions:
le 3 septembre, 2001, je faisais ma retraite à Pierrefonds.
J'avais payé une messe au père avant ma retraite pour (es
A A
Ames du Purgatoire, les Ames les plus souffrantes, les plus
abandonnées. Durant la nuit du 4 au 5 septembre, j'ai fait un
rêve étrange. J'étais dans une église avec beaucoup d'enfants
autour de moi, quand soudain la porte s'est ouverte, il est entré
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un homme, il s'est dirigé vers moL En le voyant, j'ai dit "C'est
Paul". Paul était le garçon de mon oncle Armant, voisin de
chez nous. Il est décédé le 16 octobre 1994. Il s'est avancé et
m'a donné un baiser sur la joue. J'e lui ai dit: "Reste avec moi
pour diner." Il m'a fait signe "non" de sa main. Sans dire un
mot, il est reparti. Il était beau, calme.
A Great Falls, j'ai travaillé à St-Thomas Home, Orphelinat,
pour bien des années. J"avais 24 petits garçons et ma petite
maison était en dehors de la grande. Il me fallait sortir pour
chercher les repas, et pour aller à la messe le dimanche avec
mes petits. L'hiver, il y avait de la neige au Montana, et il
fallait que j'ouvre un petit chemin pour passer. Commej'étais
seule, cela me faisait beaucoup de travail. Un soir que j'étais
très très fatiguée (mes petits étaient tous couchés. J'e dormais
dans un petit coin du dortoir avec eux), je me suis mise à
genoux près de mon lit, et là j'ai pleuré beaucoup et je me suis
confiée à la Vierge Marie: "Marie, je n'en peux plus, je ne suis
plus capable, fais quelque chose pour me donner du courage,
peut-être une rose qui vient de toi m'aiderais." J'e me suis
couchée, et le deuxième jour après, je suis allée chercher le
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diner à la cuisine pour mes petits. A la cuisine, c'était une soeur
de co-adjutrice qui était cuisinière. En me voyant, elle me dit:
"~ai quelque chose pour toi:' Elle est allée me chercher une
très très belle rose rouge American Beauty, et elle me l'a
donnée. En la voyant, je me suis mise à pleurer. Elle me dit:
"Regarde cette innocente qui pleure quand je lui donne un
cadeau.H Je lui ai demandé ou elle l'avait prise et elle me
répondit: IIDans le parc. Mais moi de lui dire: "I( n'y a pas de
fleurs dans les deux parcs, seulement des arbres et de la
pelouse." Elle de répondre: "J'ai vu une souche et il y avait
dedan$ un petit rosier et une seule rose, et quand je liai
cueillie, ça m'a dit de la donner à Marie-Marthe." Vous pouvez
vous imaginer la joie que j'ai éprouvée en pensant que la bonne
Ste- Vierge· répondai t à ma prière.
Ici, je ne sais pas si clest un rêve ou un songe: J'étais dans
une Église ou Chapelle, assise tout près du tabernacle, et j'ai
dit au Seigneur, "Seigneur, je suis fatiguée de prier" et rien de
plus. Tout à coup, une belle petite voix me dit à l'oreille:
"Demande Lui de venir se reposer dans ton coeur." Jlai repris
tout de suite, "Oh, viens, viens, Jésus, je prendrai bien soin de
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toi." Après, j'ai continué à prier, tout a passé, après des jours,
des mois et même un an. Je suis allée à l'Alliance à TroisRivières,
pour ma retraite charismatique. Commevous savez,
durant la retraite, le groupe de L'Alliance vient prier sur nous.
Commej'étais bien assise, j'attendais, je me disais que
j'aimerais que ce soit untel qui vienne prier sur moi, mais je me
suis fermée les yeux et j'ai dit dans mon coeur "Non, Seigneur,
envoie qui tu veux." Tout à coup, une jeune soeur s'est avancée
et a commencé à prier tout bas. Je ne comprenais rien. Après
quelques instants, elle a parlé pour que je comprenne tout. Elle
a dit: Il Le Seigneur aime ton coeur." ... "Le Seigneur aime
beaucoup ton coeur." ... "Le Seigneur aime tellement ton coeur
qu'Il vient se reposer dans ton coeur." Après quelques instants,
.elle a ajouté, "Ce que j'ai dit ne vient pas de moi, c'est le
Seigneur qui a parlé en moi." C'était les mêmes paroles que la
petite voix m'avait dites, de demander au Seigneur qu'Il vienne
se reposer dans mon coeur. Je lui demande souvent de venir.
Alléluia!
En 1975, j'ai fait un beau voyage en Terre-Sainte, au Congrès
charismatique mondial à Rome et à Fatima. Berthe était bien
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malade et elle m'a dit: "oépêche toit à faire tes voyages car je
n'en ai pas pour bien longtemps ici." Elle est décédée quelques
temps après mon arrivée.
Le 4 au 21 juin 1997, Sr. Louise et moi avons fait un très beau
voyage tout en autobus à Onoway, Calgary, Lac Louise, à
Spokane, Montana - une très grande visite surtout dans l'Ouest
canadien. Le voyage ne nous a pas couté cher. J"'ai eu la chance
de voir "La Fabuleuse Histoire du Royaume" dans l'Ouest
canadien. De toute beauté.
En 1998, j'ai participé au Congrès charismatique à ottawa, du 6
au 9 août. Cela fut très très beau.
Voici d'autres délicatesses du Seigneur: quand j'ai visité la
Terre-Sainte, les pèlerins et nous avons fait le Chemin de Croix
et il y avait beaucoup de monde. La procession était très
longue. J"e me trouvais pas mal à la fin du groupe, tout était
bien tranquille et nous priions. Tout à coup, un homme est venu
vers moi et m'a dit: tiQue faites-vous si loin, suiviez moLli Nous
['avons suivi, et rendus à la croix, il y avait une place libre pour
li
porter (a croix. ~ai donc porté (a Croix du Christ avec les
autres. Oh, que j'étais heureuse!
En Égypte, un dimanche après-midi, j'étais dans ma chambre à
écrire des lettres, et Soeur Gisèle Bourgeois, qui travaillait
avec moi au sanctuaire de Ste-Rita, m'a dit: "Marthe, c'est le
temps de faire notre heure." Commeje l'avais fait le matin, je
lui ai dit: ":Te ne vais pas cet après-midi." À tous les dimanches,
nous faisions notre heure d'Adoration tout près du Tabernacle.
Commeje l'avais fait le matin, je n'allais pas la refaire. Elle
m'a dit: ":Te t'attends." ~ai essayé d'écrire et je ne pouvais
plus. :T'avais toujours dans la tête: "ton heure ... j'ai assez dit
au Seigneur ... je liai fait ce matin •.. je n'y vais pas..." Ça
continuait: "ton heure ... ton heure ... " :Te me suis choquée: "Bien
tu gagnes toujours." Et j'y suis allée, et c'est là qu'il y a eu un
message. Jésus m'attendait.
Au Foyer Gamelin à Montréal, j'étaiS chargée du Se plancher.
J'avais beaucoup de malades. Il y avait une dame qui était très
malade, elle venait de Rimouski. C'était Mme DeschaÎne. Comme
eUe était dans la chambre d'Urgence, je la visitais très
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souvent. Ce jour-là, je venais juste de la visiter et j'étais à
écrire dans son dossier. Une voix en moi me dit: "Mme
Deschaîne...•• et cette voix continuait - "Mme DeschaÎne... 1I Je
me suis dit: IIJe viens juste de la voir!" Mais j'ai lâché tout et
je suis partie la voir. En route, J'ai rencontré une garde, et je
lui ai dit de venir avec moi. En entrant dans la chambre, elle
(Mme DeschaÎne) a lâché un cri très très fort; la garde s'est
rendue près de la fenêtre et elle s'est mise à pleurer. Je me
suis avancée près d'elfe et Mme DeschaÎne a rendu le dernier
soupir. Je vais dire, elle m'attendait pour mourir.
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CAHIER DE SOUVENIRS DE MON ENFANCE
de Marie-Marthe Brillant, née le 6 juillet 1921, baptisée le
,.. .
meme JOUr
Voici ce que je me souviens de ma vie chez-nous.
Quand Gertrude, ma soeur, est décédée à l'âge de 7 ans, elle
était malade depuis sa naissance. Elle ne parlait pas, ne
marchait pas. Je me souviens quand elle est morte, quand ils
ont sorti la tombe de la maison pour la mettre dans le
corbillard. Toute la famille était là, bien triste. J'étais sur la
galerie et regardais par les barreaux parce que j'étais trop
petite pour voir par-dessus le bras d'en haut. Je ne me
souviens pas du visage de Gertrude. Je n'avais que trois ans.
Voici ce que je me souviens de Thérèse ma petite soeur. La
dernière des filles, elle avait à peu près quatre ou cinq mois,
Maman en la lavant s'est aperçue que son cou était enflé
jusqu'à la gorge. Papa et maman tous les deux ont pensé de
faire venir le médecin. Le verdict du docteur était tumeur ou
abcès. Si tumeur, eUe est finie, si abcès, elle sera sauvée.
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Imaginez cela - Thérèse a été opérée chez nous! Papa la
tenait sur ces genoux.. Les membres de la famille étaient tous
présents. Quand le docteur l'a opérée, la petite a presque pliée
en deux, elle a crié et pleuré. Tout de suite, le pus a sorti en
grande force. Le docteur a dit d'une voix forte: "Elle est
sauvée." J"e crois que c'était le docteur Plante notre médecin
de famille. Bien des mercis et des prières sont montés vers le
Seigneur ce jour-là.
Voilà mon histoire: Un soir comme d'habitude, nous étions à dire
le chapelet en famille. J'ai commencé à agir drôlement. Maman
m'a dit: "Marie-Marthe, arrête et prie avec nous." Jtavais à
peu près six ans. Commeje ntai pas arrêté, maman est venue
. près de moi, elle a mis sa main sur mon front. Comme elle a pu
voir que J'avais une haute température, eUe mta emmenée dans
la chambre près de la salle etmta couchée. J"e me plaignais
d'un mal dans le côté gauche. Quand je dormais, cela allait
bien. Quand je m'éveillais, je pouvais leur parter, mais tout à
coup je perdais conscience complètement, plus rien ne
mtéveillait. Le médecin est venu; il ne comprenait pas mon cas.
J"tavais toujours une haute température. J"tétais une malade
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pour l'hôpital, mais dans ce temps-là, ici, il n'y avait pas
d'assurance maladie; Papa n'avait pas d'argent pour payer. Je
suis restée longtemps malade au lit chez nous. Dans ces tempslà,
il fallait sept ans pour faire la première communion. Moi je
n'avais que six ans. Mes parents ont arrangé avec le Curé que
je puisse communier; c'est lui qui est venu. On avait transporté
mon lit dans la grande salle et c'est là que le curé m'a donné la
communion. Je me souviens des prières que le curé a récitées
près de moi. Il m'a donné la communion et après avoir avalé
l'hostie, j'ai perdu conscience et je ne me souviens'de rien.
Quand je suis revenue à moi, j'étais rendue dans la chambre.
J'avais toujours une haute température. Je suis restée malade
plusieurs jours et mois. Papa et maman se remplaçaient pour
me veiller. Voilà pourquoi je ne sais pas quand j'ai commencé
les classes. Après cette maladie, Maman m'a dit ce que le
docteur lui avait dit quand il est venu me voir: "Mme Brillant, si
votre petite fille revient, elle ne sera jamais capable de
travailler." Maman de répondre: "Ça ne fait rien, je veux
qu'elle revienne, qu'elfe vive." Commej'étais bien revenue,
maman m'a emmenée au magasin Dévos et m'a achetée un beau
petit ensemble couleur beige garni de rouge. Oh, que j'étais
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belle dans ma belle toilette! Je mIensouviens très bien. Comme
je nIai pas été longtemps à Ilécole, je suis restée à la maison
pour aider à Papa, carmes frères Henri et Joseph étaient
partis travailler dans l'Ouest pour gagner des sous pour aider
la famille.
Un jour, dans mes derniers jours de classe, l'Inspecteur est
venu faire sa visite. Sur la fin de sa visite, il a demandé à la
maîtresse si elle avait dans sa classe quelqu'une qui pourrait
réciter un petit poème ou récitation. La maîtresse me dit:
IIMarie-Marthe, voulez-vous?UJe me suis levée et suis allée en
avant de la classe. J'ai récité u:Joienaïve du petit canadied'.
Je le savais par coeur. Après que rai eu fini, je lui ai fait un
beau salut et suis retournée à ma place. Il m'a dit: uVenez ici.u
Jly suis allée, et il m'a remis le beau livre "Une victime du
secret de la confession." Oh, que j'étais heureuse! La maîtresse
était contente de ce que j'avais fait. J'ai de la difficulté à
apprendre, mais, quand je le sais, c'est pour toujours. Je faisais
un peu toutes sortes de choses pour aider. A la maison et
dehors, j'étais heureuse et toujours prête à aider.
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Au mois de mai, aprèsle souper, nous étions toute la famille à
jaser ensemble, et moi, sans que personne ne s'en rende
compte, je montais dans ma chambre et je récitais mon
chapelet. :Te priais en demandant à la ste-Vierge des vocations
religieuses. :Te lui disais: "Prend mes soeurs, mais pas moi, car il
faut être bonne pour faire une soeur et moi, je ne suis pas
encore assez bonne. Quand je descendais pour rejoindre la
famille, :Toseph,mon frère, me disait: "Marthe, où es-tu allée?
:Te t'ai manquée."
Il Y avait une autre chose que j'aimais faire. C'était aller dans
les champs me faire un bouquet de fleurs des champs, et je
venais les mettre aux pieds de la bonne Ste-Vierge. Le pot que
j'avais était très petit et ne pouvait contenir beaucoup d'eau;
il fallait que je le surveille pour le remplir souvent. Je
l'oubliais, et les fleurs mouraient. Là, j'enlevais tout, et je
disais à la Ste-Vierge: "Excuse moi, j'ai encore oublié."
Quand mes frères revenaient du bois, moi je travaillais dans la
maison, avec mes soeurs Berthe et Anne Marie. Nous faisions de
belles choses ensemble. L'été, nous avions un grand jardin qui
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nous donnait beau~~c' ouJ?..d'plJvrage,et l'hiver, toutes les trois,
nous crochetions pour de belles marchandises neuves.
À la maison, nous recevions comme journal "l'Action catholique",
"La Terre de chez nous", et le "Bulletin des agriculteurs".
Commeje les feuilletais, en regardant les images, j'ai vu une
photo du dirigeable R.IOO. Cela nous disait qu'il passerait par
chez nous aujourd'hui. J'ai pris l'Action et je suis vite sortie
dehors. Tout à coup, je l'ai vu venir dans le ciel au-dessus de la
maison de mon oncle Armand. J'ai crié: ilLe voilà!" Il a passé
au-dessus de notre maison. Il n'allait pas très vite, et comme
c'était tranquille, nous pouvions entendre la belle musique qui
venait de lui. J'étais toute heureuse! Je ne l'oublierai jamais.
Plus tard, le R-lOl est .passé au-dessus du fleuve. On l'a vu,
mais de très loin. J'étais intéressée à toutes les merveilles.
J'aimais la vie, j'étaiS heureuse.
Un jour, Joseph, mon frère, m'a fait donner un beau permanent.
J'avais bien dix-sept ou dix-huit ans. Un dimanche, Joseph m'a
dit: "Marthe, je suis invité chez mon oncle Aubert. Il va y avoir
une belle veillée, je vais y aller et je veux que tu viennes avec
2(
moL" J'ai mis ma plus belle robe rouge vin. Ma belle-soeur
Imelda, l'épouse de mon frère Henri, m'a prêtée sa montre
bracelet pour aider à ma toilette. Nous sommes partis. Nous
croyions tous les deux que maman allait dire quelque chose,
mais elle n'a rien dit. Nous avons fait un beau voyage et avons
passé une très belle soirée. J'aimais beaucoup Joseph. On se
comprenait tous les deux. Aux noces à Anne-Marie et Onésime
Dionne, j'avais fait 14 gâteaux. Je les avais doublés et crémés.
Ils étaient très beaux et bons. Aux noces à Anne-Marie, j'étais
la suivante avec Oliva Dionne, le frère du marié. C'était au mois
de janvier. Nous sommes restés pris dans la petite route et
nous sommes arrivés chez nous le diner était déjà commencé.
En parlant de la route, elle a été travaillée et est grande et
belle. On ('a appelée la route Brillant.
Notre chez nous était au 2e rang du Bic, et nous avions au Se
rang une terre à bois. Un jour mon frère Joseph, un homme qui
mesurait dans les 6 pieds et pesait dans les deux cent livres,
se décida d'aller bucher au Se. (Note - quand Joseph
commençait à bucher, il allait jusqu'au bout). Il y avait un
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petit ruisseau pas loin. Comme il avait soif, il alla près du
ruisseau mais il n'avait rien pour prendre de l'eau. Il se jeta
alors à plein ventre et bu; il n'y avait qu'un petit coin où l'eau
n'était pas gelée. C'était en hiver. Il avait attelé le chien
Zoulou pour le monter au Se. C'était la première fois que le
chien était attelé. Il était gros et fort. CommeJoseph
commença à se sentir mal, il a pensé qu'il serait mieux de
partir pour descendre à la maison. Il mit la clé sur la porte du
campe et attela son chien sur la traîne et partit. Le chien l'a
descendu à tout vitesse jusqu'à la porte chez nous. Moi qui
étais là, j'ai entendu un grand bruit, j'ai ouvert la porte et
j'étais en face du chien. Anne-Marie était avec moi. Maman
était à l'hôpital de Québec et Berthe était partie pour entrer
au couvent. Quand Anne-Marie a vu Joseph, elle m'a dit:
"Prends-en soins et moi je vais faire l'ouvrage!" Joseph n'était
pas beau à voir. Il toussait et avait de la difficulté à respirer.
Je l'ai pris par le bras et l'ai conduit à sa chambre. Je l'ai aidé
à se déshabiller et à se mettre au"lit. J'ai immédiatement pris
un bassin avec de l'eau chaude, je l'ai mis torse nu et lui lavai
le dos, les côtes et l'estomac. J'ai fait cela très vite car je
n'avais pas de temps à perdre. Je lui ai frotté le dos, le côté
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et l'estomac avec ge l'onguent de moutarde. J'ai ensuite couru
chercher une bouteille de vin à Maman dans la cave. J'ai fait
chauffer un peu de vin et j'y ai mis quelques gouttes de
"painkiller". Je savais que c'était très fort. La tasse était
pleine de vin. je lui ai dit de tout boire et de ne pas se
décacher car il allait transpirer beaucoup. Le lendemain,
Joseph me dit: "Je me sens mieux. Je vais me lever." Moi de
répondre: liNon, tu vas aujourd'hui recevoir le même traitement
que tu as reçu hier.1I Je lui ai donné la même chose. La
troisième journée, il me dit: "Je suis guéri, je vais aller faire
un tour dehors.1I Je lui dis: "Tu peux te lever et rester dans la
maison, mais ne sors pas aujourd'hui. Demain tu pourras." Il me
dit: "Je me sens guéri; merci pour ce que tu as fait pour moL"
Il faut dire que Joseph a tout fait ce que je lui ai demandé.
Moi, j'aimais beaucoup en prendre soins. Il disait: "Marthe m'a
guérLII Voilà l'histoire de mon frère Joseph. Merci Seigneur de
m'avoir aidé à le guérir.

 

À LA DOUCE MÉMOIRE DE Marie-Marthe BRILLANT

1921 - 2023

20/04/2023

Soeur Marie-Marthe Brillant est décédée paisiblement à Montréal, Qc, le 20 avril  2023 à l’âge de 101 ans et neuf mois. Elle était religieuse de la Congrégation des Soeurs de la Providence. Elle est née au Bic (Rimouski), de Marie-Alice Pineau et Louis Brillant. Elle avait 6 frères (Joseph-Henri-Émile, Henri, Joseph, Laurent,Jean-Baptise et Louis-Georges) et 5 sœurs (Berthe, Gertrude, Anne-Marie, Jeanne D”Arc et Thérèse). 

Marie-Marthe a dédiée sa vie aux personnes démunies, sa grandeur d'âme, son assurance et ses convictions faisaient d'elle une personne plus grande que nature. Aujourd'hui, elle rejoint les siens avec la satisfaction d'une vie bien remplie.